Emeraude Tri Race 2014 – Bilan

Le week-end dernier avait lieu l’Emeraude Tri Race (1.9/90/21 sur le papier, 2.5/88/20 dans les faits), ce qui était pour moi l’occasion de découvrir la Bretagne lors d’un week-end et de terminer ma première “vraie” année de triathlon avec un second half ironman.

Ayant choisi de ne pas faire de plan spécifique pour cette épreuve, je me suis entraîné principalement à l’envie et au plaisir. J’avais bien aimé mon plan pour Aix, cependant je ne me voyais pas le faire deux fois de suite, qui plus est pendant mes vacances en août. C’est quand même assez exigeant de suivre un plan, mais c’est un point que j’aborderai en conclusion de ce compte-rendu ;)

L’objectif principal était bien entendu de prendre du plaisir et de passer sous les 6h.

Nous arrivons le samedi midi sur place, après 4h30 de route. Une petite promenade sur la plage, puis on file au resto et à l’hotel. L’après-midi sera dédiée au retrait des dossards et à la relaxation dans la piscine de l’hotel qui propose un “parcours marin” (trois jets d’eau et un jacuzzi lol). On fait quelques courses pour le petit dej du lendemain matin, on prépare les sacs et on part dîner à Dinard, charmant petit village Breton. C’est l’heure de faire dodo, demain il y a triathlon et réveil à 5h45.

Petit dej, puis on file au parc à vélos. Déjà pas mal de monde, on est 500 sur l’épreuve et il n’y a pas de départ par vagues. Le speaker nous briefe sur la plage, un roux en kilt joue de la cornemuse et un zodiac au loin nous montre le parcours de natation qui sera composé de deux boucles avec une sortie à l’australienne. Ca me parait bien long pour faire 1 900m mais qu’importe. Il fait beau, il n’y a pas énormément de houle et l’eau est bonne, surtout en combi.

Je mets directement une vidéo qui résume ce triathlon en 6 minutes pour vous donner envie de lire la suite :D

YouTube Preview Image

Et j’enchaîne avec ce lien, qui une fois n’est pas coutume vous montrera la natation de l’intérieur ;)

//Natation

C’est parti pour la natation qui commence par 100m de sprint sur la plage. Bon moi je trottine car je n’ai pas envie d’arriver essouflé dans l’eau et je suis confiant sur mon niveau de natation. Le problème c’est qu’en ne sprintant pas, on gagne automatiquement un ticket gratuit pour 10min dans la machine à laver :D Ca bastonne un peu mais rien de méchant, les zoggs predator sont vraiment top et absorbent bien les coups :D Des coups j’en prends quelques uns et j’en donne aussi un peu pour avancer (pour les néophytes rassurez-vous, je ne balance pas de patates sur mes concurrents mais je les pousse juste un peu pour pouvoir passer, c’est tout un art). C’est vraiment un réel plaisir de nager dans cette mer à bonne température, claire et avec peu de houle, les sensations valent vraiment le coup. Nager en mer, sport de bonhomme je vous le dis :D

Bon je déroule, mais je sens que je n’ai pas une énorme puissance dans les bras, je dois être en dessous de 2’/100m mais guère beaucoup moins. Finalement je termine la natation en 49′ pour… 2 569m (1’54/100m). Ni bon ni mauvais, je suis dans le milieu du pack, mais je sens que ces quelques minutes supplémentaires dues à l’allongement de la distance vont déjà impacter le sub 6h que je vise. Au début je pensais avoir zigzagué à gogo mais finalement tous les autres ont également entre 2 350m et 2 700m sur leur montre donc il y a beaucoup plus que la distance annoncée. Qu’importe, je file vers T1 (3’59) et je grimpe sur le vélo.

 //Vélo

C’est parti pour le vélo, qui est composé de 3 boucles de 30km dans l’arrière-pays. Le parcours est très roulant dans l’ensemble, même s’il y a pas mal de relances à faire. Je me mets sur mes prolongateurs dès que possible et je donne tout ce que j’ai (enfin quasiment tout, pour ne pas arriver fané sur la course à pied quand même). Pas grand chose à signaler, ça ne drafte pas trop pour une fois et il n’y a pas énormément de vent mis à part dans les 30 derniers kilomètres. Dans les 10 derniers kilomètres, j’ai mal en bas du dos, mais c’est principalement dû à la position CLM: je ne m’entraîne pas assez longtemps dans cette position. Rien de bien méchant, j’en termine avec ces 87,7km  (1037 D+) et je pose le vélo en 2h51 (30.6km/h de moyenne). Je suis content de cette partie vélo pour une fois… j’ai encore des progrès à faire dans la discipline, mais je suis arrivé à maintenir une moyenne correcte sans être trop fatigué. Bon par contre j’ai mangé n’importe comment et trop sur le vélo, ce qui va se payer cash sur la partie qui suit la T2 (3’09).

 //Course à pied

Ah ma partie préférée ! Non je déconne, je déteste la course à pied. Enfin si, j’aime bien la discipline à l’entraînement, en compétition cap “pure” (10k/semi/marathon), en sortie longue hivernale seul ou accompagné… mais sur un tri, je déteste cette partie. Je fixe ma montre et je vois les kilomètres s’incrémenter.. très lentement. Même si physiquement je ne suis pas au plus mal et que le moral est au beau fixe (surtout qu’à ce moment là le sub 6h est encore possible, grâce à mon vélo), je sens que les choses vont vite se gâter: le parcours n’est vraiment pas plat du tout, il commence à faire chaud et vu que j’ai trop mangé sur le vélo bah je ne peux plus rien prendre sur la course à pied… un long chemin de croix commence à une allure grotesque. Alors ok, je ne suis pas à mon poids optimal et j’ai un peu laché la course à pied au profit du vélo cet été mais quand même… j’arrive quand même à boire mais j’ai la nausée, je me suis même arrêté entre deux voitures car je croyais que j’allais vomir.. bref. Heureusement une bonne partie du parcours en bord de mer est magnifique: la mer, les vagues, les rochers… le littoral Breton est magnifique et m’aide à faire passer ces 20km plus vite, tout comme les checks avec Romain et Alex quand on se croise pendant ces trois boucles. J’en termine péniblement en 2h16 ( :( ) pour finir ce half en 6H06’27, ce qui représente 7′ de mieux qu’à Aix sur la distance 70.3, mais sur un parcours plus “roulant”.

//Conclusion

Ce half, bien que non labélisé (WTC ou Challenge), n’a rien à envier à ses concurrents deux fois plus chers: un parcours superbe, des ravitaillements de qualité (surtout celui de la fin avec saucisses de toulouse, bière et crèpes, entre autres), des sacs de transition, des bénévoles qui vous chouchoutent tout le long du parcours et qui rangent même le vélo à T2.. Ce n’est que la deuxième édition mais si je peux le refaire l’an prochain, ce sera avec plaisir. Comme Deauville, ces “petites” organisations ont tout pour plaire, avec un cadre magnifique et le charme d’une natation en mer.

Quant à moi je suis déçu de ma performance car je voulais faire un sub 6H, mais en même temps j’ai choisi de faire un entraînement à l’envie, ce qui m’a forcément éloigné de la CAP :D Alors ok, s’il y avait eu la distance en natation et si j’avais mangé correctement sur le vélo peut être que.. mais avec des si.. bref, une autre fois. En tout cas cela confirme que je suis quelqu’un qui préfère suivre un plan concocté en fonction de mon profil et de mon objectif plutôt que d’y aller en freestyle en appliquant des principes d’entraînement généralistes.

Ma saison de triathlon est désormais terminée et elle m’a vraiment plu ! Il y a beaucoup d’améliorations possibles en ce qui me concerne et je me penche désormais sur ma fin d’année (principalement du trail) et 2015 ! Merci d’avoir lu mon CR et à bientôt ;)

  • Natation: 49′
  • T1: 3’59
  • Vélo: 2H51
  • T2: 3’09
  • Course à pied: 2H16
  • Temps total: 6H06’27

L’équipement du triathlète: la liste exhaustive

L’équipement du triathlète est relativement conséquent car il concerne trois sports distincts à l’entraînement, mais aussi le matériel spécifique à la discipline les jours de compétition.

Le sujet est souvent abordé par les néophytes sur les différents forums que je fréquente et c’est vrai qu’il y a matière à se perdre lorsqu’on débute. On a l’impression qu’il y a une montagne de choses à acheter et que cela va forcément coûter très cher, avec les plats de pâtes au beurre pendant 3 mois en guise d’épée de Damoclès.

Alors, de quoi a-t-on vraiment besoin lorsqu’on veut se mettre au tri ? Je vais distinguer ce billet en deux blocs (1.entraînement et 2.compétition), qui seront chacun composés de quatre catégories (requis (le matériel de base), fortement conseillé (du matériel peu onéreux pouvant augmenter drastiquement la qualité de votre performance), performance (du matériel de pointe afin de gagner les précieuses minutes qu’il vous manque pour réaliser votre objectif) et confort (matériel n’apportant pas grand chose sur le plan de la performance mais qui facilite la pratique de l’activité et le confort général)).

Je me base sur ma propre expérience, donc n’hésitez pas à réagir dans les commentaires si vous avez des suggestions ;)

1. L’ENTRAÎNEMENT

rocky-balboa-jogging

Ahhh l’entraînement, les levers matinaux pour aller courir à 5h35, les midis à la piscine et les week-ends sur le vélo… je crois que je préfère même cette partie à celle qui va suivre. Elle représente 90% de votre activité sportive et tout ce que vous aller mettre en oeuvre pour réussir votre objectif le jour J. Partant de ce constat, je préfère ne pas regarder trop à la dépense pour m’équiper d’articles de qualité, mais ce n’est que ma vision des choses. Quoiqu’il en soit, l’objectif de ce post reste d’établir uniquement un listing d’articles nécessaires au triathlon et voici ce que j’utilise pour m’entraîner:

 

Natation

  • Requis: un maillot de bain (boxer, cuissard ou slip de bain, à votre convenance), un bonnet de bain (si possible en silicone car plus facile à mettre, plus résistant, n’arrache pas les cheveux comme le latex mais donne un bon maintien par rapport à ceux en tissu), une paire de lunettes de natation (si possible les mêmes que celles portées en compétition)
  • Fortement conseillé: 10h de cours avec un prof de natation, un pull-buoy (petit flotteur pour simuler l’effet de la combinaison portée en compétition et/ou axer le travail sur le haut du corps)
  • Performance: une paire de plaquettes (pour développer sa technique et sa musculature/force; attention cela dit: une bonne technique de base est nécessaire au préalable pour éviter de se blesser), une paire de palmes, un tuba, un élastique (pour attacher les chevilles)
  • Confort: un sac de piscine avec compartiment maillot mouillé, une paire de tongs, une montre avec une fonction piscine (garmin swim, garmin 310/910 par exemple; liste exhaustive ici), du liquide anti-buée pour les lunettes de piscine

 

Cyclisme

  • Requis: un vélo de route (sans blague), un casque, un maillot de cyclisme (manches longues pour l’hiver, manches courtes pour l’été), un cuissard de cyclisme (court pour l’été, long pour l’hiver), deux porte bidons, deux bidons, deux chambres à air/boyaux de rechange, une pompe à pied (pour mettre la bonne pression dans les pneus à la maison), une mini-pompe (pour regonfler sur la route suite à une crevaison), une sacoche de selle (pour mettre tous les outils de réparation), un multi-tool (de préférence avec des démonte-pneus inclus), un dégraissant et de l’huile pour l’entretien de la chaîne et du dérailleur
  • Fortement conseillé: des pédales automatiques (avec chaussures et cales associées pour vous permettre de bénéficier de toute la puissance de votre pédalage), une paire de prolongateurs (pour pouvoir prendre une position un peu plus aérodynamique sur votre vélo de route), une sacoche de cintre (pour mettre vos barres/gels et y accéder facilement), un compteur relativement simple si vous n’avez pas de montre gps avec une fonction vélo (vitesse, distance, moyenne..), une paire de gants de cyclisme, des lunettes de cyclisme
  • Performance: un vélo de triathlon, une paire de chaussures de triathlon (pouvant se fixer au vélo et disposant d’un unique scratch pour un enfilage rapide), un capteur de puissance, un casque aéro, un bidon de prolongateur, un groupe haut de gamme, des roues en carbone et/ou adaptées aux différents profils envisagés
  • Confort: du textile de bonne qualité et adapté pour chaque saison (par exemple, les sur-chaussures, bonnets et vestes manches longues sont indispensables l’hiver, car il fait vraiment plus froid sur un vélo qu’en cap, du fait de la vitesse), un compteur avec une fonction guidage gps aboutie pour suivre ou découvrir de nouveaux parcours (garmin edge 800/810/1000 par exemple), une paire de manchettes pour l’intersaison

 

Course à pied

  • Requis: une paire de chaussures de course à pied, un short de sport, des chaussettes de sport, un tee shirt
  • Fortement conseillé: une paire de chaussures de course à pied adaptée à votre profil (pronateur, supinateur, universel) et à votre morphologie (léger, lourd…), un short de course à pied, une paire de chaussettes de course à pied, un tee-shirt technique (respirant et souvent gagné sur les épreuves)
  • Performance: du textile de compression, une montre cardio-gps
  • Confort: un cuissard de course à pied, du textile adapté pour l’hiver (gants, bonnet, collant long, sous couches…), une casquette, les articles de base (shorts, boxers, cuissards, tshirts, chaussettes) en plusieurs exemplaires pour limiter l’usure rapide des textiles

 

Mesure de la performance (facultatif)

  • Requis: une montre chronomètre basique (chronomètre, laps..)
  • Fortement conseillé: une montre cardio-gps (pour mesurer correctement votre performance et votre fréquence cardiaque), un compteur cycliste (mesure de la distance, puissance, etc)
  • Performance: idéalement une montre cardio-gps qui regroupe les trois sports
  • Confort: la plupart des fabricants de montres proposent leur interface web pour analyser vos séances, mais un compte gratuit sur une plateforme tierce peut vous être utile pour disposer de fonctions supplémentaires et/ou sociales (Strava, Runkeeper, SportTracks…)

 

Nutrition

N’étant pas un spécialiste dans ce domaine, je vais m’abstenir de vous donner des conseils là dessus. Cela dit, une alimentation et une hydratation adaptée avant, pendant et après l’effort sont nécessaires. Point souvent galvaudé, il peut être la cause de nombreuses défaillances. Pour information je bois toujours correctement avant une séance (cap, nat, vélo), pendant la séance (vélo, cap sur sortie longue) et après la séance (cap, nat, vélo). Pour l’alimentation, mieux vaut ne pas partir le ventre vide même si j’ai du mal à courir le ventre rempli d’un gros petit dej (idéalement, manger 3h avant…). Pour le vélo j’emporte toujours des barres et des gels, ainsi qu’une boisson isotonique et de l’eau claire. Je n’ai pas de boisson post effort, mais cela peut sembler bénéfique si votre charge hebdo est élevée pour bien récupérer entre les séances. J’apprécie entre autres les produits Clif Bar et Aptonia, mais c’est un domaine où le goût joue beaucoup. N’hésitez surtout pas à profiter de vos commandes en ligne pour prendre en quantité limitée différents produits pour la nutrition afin de les tester à l’entraînement.

 

2.LA COMPÉTITION

Challenge_Roth2012

Avant toute chose, ne pas oublier d’utiliser ce super site pour ne rien oublier le jour J: race check-list.
Bon c’est le jour J et que vous soyez là pour faire un chrono, un podium, décrocher un slot, finir ou juste vous faire plaisir, le matériel doit être au rendez-vous ! La chaîne ne doit pas casser !  L’élastique des lunettes de nat ne doit pas lacher (et cette maudite TFL ne doit pas revenir au 5ème kilo lol) ! Voici le matos spécifique au jour J à ne pas oublier:

 

Natation

  • Requis: une combinaison de natation avec des manches longues (les manches courtes sont autorisées il me semble mais bon mieux vaut ne pas être frileux :) ), une trifonction OU un short + singlet (pour le vélo et la cap)
  • Fortement conseillé: Crème solaire à mettre avant la nat sous la combi, Vaseline pour pas que les frottements ne vous gênent pendant la nat, une paire de lunettes de nat de rechange au cas où la première casserait pour une raison inconnue dans le parc à vélos ou pendant l’échauffement
  • Performance: une combinaison de natation de haute qualité (jamais testé ce genre d’article mais je crois qu’elles ne sont pas profilées de la même façon ni de la même épaisseur que les “classiques”)
  • Confort: y a pas de confort au départ d’un tri :)

 

Cyclisme

  • Requis: une ceinture porte dossard (qui servira aussi pour la cap)
  • Fortement conseillé: -
  • Performance: une cartouche de CO² pour regonfler rapidement votre roue si vous avez crevé
  • Confort: un cuissard cycliste (mais vous allez perdre du temps à la transition si vous vous changez complètement… la question se pose, selon moi, sur la distance reine où les cuissards cyclistes sont quand même plus confortables que les cuissards de triathlon), une veste de vélo si il fait froid ou si il pleut

 

Course à pied

  • Requis: -
  • Fortement conseillé: des lacets automatiques afin de ne pas perdre du temps à faire vos lacets en T2 (Xtenex ou Orca speed laces par exemple)
  • Performance: une visière, pour le swag :)
  • Confort: un short de course à pied (là encore, perte de temps en T2, mais à étudier pour une épreuve longue)

 

Nutrition

Vos propres gels / barres / boissons pour l’effort.

 

//Conclusion

Bon voilà, ça en fait du matériel. Bien sûr, pour chaque article il y aura plusieurs marques et donc plusieurs prix et niveaux de qualité. A vous de faire votre choix en testant les produits ou en fouillant le net à la recherche de tests, reviews, avis divers et variés. Mais selon moi, rien ne remplace le test terrain (aujourd’hui on peut facilement renvoyer des produits qui ne nous conviennent pas) et mieux vaut investir si vous êtes passionnés plutôt que tu repayer chaque année pour un même article de qualité médiocre. Bon entraînement et bonnes courses !

Ps: je n’ai pas de partenariat quelconque avec les marques citées dans cet article. Je me contente uniquement de mentionner les produits que j’ai pu tester et que j’apprécie :)

Triathlon de Deauville 2014 – Bilan

Le week-end dernier avait lieu la troisième édition du Triathlon International de Deauville, qui réunissait 2600 triathlètes sur différents formats. Aligné sur le courte distance (1.5/40/10), voici mon compte-rendu!

//Préparation

Quasiment pas de préparation pour ce triathlon. Situé un peu moins d’un mois après mon objectif de la saison (Aix), j’avais décidé il y a quelques mois de le faire pour la beauté du parcours sur un format accessible, histoire de ne pas trop avoir besoin de faire une préparation spécifique. Mon beau-frère m’avait également parlé de la qualité de l’épreuve et le fait d’avoir un membre de la famille de ma femme habitant là-bas m’ont fait sauter le pas. Dans les faits, une fois passé mon objectif de la saison, j’ai pris une semaine de récup’ totale et je me suis quelques peu démotivé (je fonctionne beaucoup avec des objectifs définis à l’avance). Je n’ai quasiment rien fait en vélo pendant ce mois de transition, par contre j’ai maintenu un niveau de natation correct et quelques séances d’EF en course à pied. Côté personnel je n’ai pas non plus été épargné, avec la perte d’un être très cher, ce qui fait immédiatement passer les loisirs comme le triathlon au second plan. Je me suis donc rendu à Deauville sans pression, mais avec l’objectif de donner tout de même mon maximum et de profiter du cadre qu’offre le pays d’Auge.

Le jour J, c’est 850 triathlètes qui prennent le départ du courte distance. Le ciel est couvert et la mer agitée, avec un courant qui impose à l’organisation de changer le sens de la natation.

//Natation

On arrive en avance, l’organisation est au top, je croise JP avec qui je discute un peu, puis je vais nager pour éviter de tétaniser au départ. L’eau doit être à 17/18°, ça passe niquel mais la mer commence à se lever alors qu’elle était quasi plate le samedi. Dans le sas je donne mon alliance à ma femme histoire de ne pas la perdre en nat (avec le froid les doigts mincissent je trouve :lol:) et j’embrasse mes kids. Je suis dans la première partie du sas de 850 pimpins et je croise Jean-Eudes qui me donne sa stratégie: sprinter à droite et avoiner ensuite pour être tranquille. Mon beau frère lui est aux avant postes, il est en mode guérilla prêt à en découdre avec les ours de la première ligne. Le speaker qui nous dit de laisser les triathlètes confirmés devant et que les débutants aillent derrière car ça va être une vraie boucherie (d’ailleurs énorme ce speaker :mrgreen: ). Ça démarre, donc là toutes les types devant sprintent comme des morts de faim, j’arrive dans les vagues et je constate que la mer est en mode costaud et que la première bouée est bien loin.. pour info j’ai 2100m à ma Garmin pour les 1500m de l’épreuve… j’ai pas fait le tracé optimal à cause du courant mais bon. Donc c’est la guerre tout le monde sprinte façon débarquement 6 juin 1944, y a des types qui paniquent face à l’ampleur du départ et des vagues, d’autres qui brassent direct, j’essaie de crawler mais punaise y a trop de boulets de partout, c’est plus eux qui me freinent que la mer au final  :lol: . Je zigzague comme je peux et je rejoins la première bouée, puis je pose ma nat jusqu’à la deuxième bouée. Là on doit revenir vers la plage sauf qu’il y a un courant monstre et au final je me fait déporter comme une pipe, mais je rejoins la plage en 19′ minutes  :roll: . Un bon gros temps minable car je vaux 27′ en piscine sur les 1.5km. Bref je me dis que c’est à cause de la mer et des conditions car j’ai les bras qui chauffent et je dois m’employer pour arriver à ce temps mediocre. Sortie à l’australienne, impossible de courir dans un premier temps car je suis trop essoufflé (natation avec sortie à l’australienne: on fait la première boucle, puis on sort sur la plage quelques mètres puis on repart pour la deuxième boucle; principe sympa pour le public, mais je trouve que ça détruit complètement le rythme de la nage.. bon là façon vu les conditions y avait pas de rythme :lol: ). J’arrive à nouveau à trottiner et c’est parti pour la deuxième boucle. La mer est encore pire qu’avant et je dois carrément plonger sous les vagues au début (conseil: bien mettre ses lunettes SOUS le bonnet lors d’une compet, ça empeche de les perdre quand on se prend un kick ou une patate et elles partent pas quand on plonge sous les vagues). Donc là c’est carrément épique, t’as un type qui gueule “ALLEZ LES GARS ON VA Y ARRIVER GOGOGO” et une personne de l’orga qui passe en jet à balle à 3m de nous (o_O) pour checker que tout est ok. Les bénévoles en kayak galèrent à rester en place avec la mer démontée et je nage comme je peux dans les creux  :lol: . Bref je passe la première bouée puis je déroule jusqu’à la seconde et là je me mets bien à gauche pour pas me faire déporter et je finis la nat en 40’50, complètement rincé par cette mer et ce courant en furie  :lol: . Au final quand je regarde les résultats, ce n’est pas un temps si mauvais, il me positionne dans les 150 premiers. Si je refais un triathlon en mer, j’irai m’entraîner… en mer, car nager contre le courant avec une forte houle, ça se prépare.

//T1 Je passe 5’40 en T1, à bien sécher et enlever le sable des pieds, puis je grimpe sur le vélo.

//Vélo

deauville_velo_m

J’ai repéré la veille la fameuse côte de Saint Laurent, qui affiche un pourcentage moyen de 15% sur 300m. Elle fait mal, surtout qu’elle arrive 1km après le départ du vélo. Un type pète sa chaîne direct en bas de la côte, c’est terminé pour lui. Moi je mouline puis je me mets en danseuse et j’arrive en haut à genre 183bpm dans le rouge TOTAL.. je zigzague comme une merde en haut en essayant de boire à ma gourde et de me souvenir de mon prénom, puis je passe la deuxième pour enquiller le reste du parcours. Le combo mer démontée et cote à 15% le tout sur un format M où il y a pas mal de débutants a du électrocuter plus d’un pimpin vu qu’on est 660 a avoir fini sur les 850 au départ :twisted: .

Le parcours est ultra beau mais super vallonné. Du fait de ma non prépa et de mon faible niveau en cyclisme, je GALERE tout le long: zéro punch sur le plat, moulinage/mode survie dans les côtes et peur bleue dans les descentes, je fais un vélo minable et finis en 1H27. Y a des jours où je suis grave en cannes, là pas de pot, j’étais scotché au bitume.

//T2

Rien à signaler sur T2, il fait beau et chaud et j’embraye sur la course à pied après 3’32 en aire de transition.

//Course à pied

deauville_cap_m

Sur la cap, le parcours est plutôt sympa avec deux boucles en front de mer et je croise mon beau frère qui est dans son deuxième tour (il finira 83eme en 2H47), puis Jean-Eudes (il finira en 2H42) qui me reprend vers la fin de mon premier tour. Bon il fait chaud, je cours de mon mieux mais je ne me mets pas non plus à bloc car j’ai pas de jus, ni de prépa, ni une énorme motivation aujourd’hui. Y a du monde tout le long qui nous encourage et je finis mes 10km en 56’43 avec une grosse pensée pour ma grand mère.

//Debriefing

Au final, je termine ce triathlon en 3H14, 379ème sur 660 avec apparemment 190 personnes qui n’ont pas terminé. Satisfait car conditions assez dures en nat et parcours pas vraiment à mon avantage en vélo, mais magnifique tri. J’essaierai de faire mieux l’an prochain car là j’ai payé mon manque d’entrainement et mon mode diesel pas du tout adapté au format M. Post arrivée je croise Pierric qui termine en 2H39 et JP qui finit lui en 3H05. Bravo à eux :-) .

  • Natation: 40:50
  • T1: 05:40
  • Vélo: 1:27:45
  • T2: 03:32
  • Course à pied: 56:43
  • Temps total: 3:14:26

//A travailler

  • Définir un objectif pour chaque épreuve, même facilement atteignable, afin de se préparer au mieux
  • Nager en mer si le tri est en mer, pour s’habituer à nager face aux vagues, contre le courant, etc.
  • Pédaler, encore et toujours
  • Des lacets automatiques ne feraient pas de mal non plus à T2 (5€)

Bonne récup’ à tous et merci d’avoir lu mon billet  ;-) .